1,9 million. C’est le nombre vertigineux de publications que compte le hashtag #StudyAbroad sur TikTok. Cet engouement numérique reflète aussi une réalité physique : plus de 16 millions d’Européens ont bénéficié du programme Erasmus+ depuis sa création en 1987. Face à ce boom de la mobilité internationale poussée par les vidéos UGC, une question se pose : et si le prochain à partir, c’était vous ?
Dans cette ère post-Covid, l’envie d’explorer le monde n’a jamais été aussi forte. Mais pour préparer votre départ, vous ne regardez probablement plus les guides étudiants classiques. Vous ouvrez vos réseaux sociaux.
Ce que les jeunes cherchent aujourd’hui, c’est l’UGC (User Generated Content). Ces vidéos créées spontanément par des étudiants déjà sur place rassurent immédiatement ceux qui hésitent encore à franchir le pas. Et les institutions l’ont bien compris. Ces contenus authentiques valent de l’or et sont devenus la base de leur communication digitale.
Au sommaire de cet article :
- Quand la mobilité internationale devient virale
- La force des vidéos UGC : rassurer et créer de la confiance
- La stratégie d’Erasmus+ pour capitaliser sur ces contenus spontanés
Quand la mobilité internationale devient virale
Du journal intime au format snack content
Raconter sa vie et la partager aux autres n’a rien de nouveau. Dès 1994, l’Américain Justin Hall publiait ce qui est aujourd’hui considéré comme le tout premier blog. En France, l’année 2002 a marqué toute une génération avec le fleurissement de plateformes comme Skyblog. Le principe était simple et accessible. Tout le monde pouvait écrire et partager son journal intime en ligne pour créer un lien direct avec ses lecteurs.
Il existait déjà à l’époque de nombreux blogs autour du voyage. Aujourd’hui, le besoin de témoigner de son expérience reste intact, mais le format a radicalement changé. Les blogs textuels ont laissé place aux vidéos ultra-courtes sur les réseaux sociaux. Ce fameux snack content s’adapte parfaitement à notre hyperconsommation sur téléphone. L’impact de ces vidéos est d’ailleurs énorme. Selon une étude de Ampere Analysis, ces formats courts (TikTok, Reels, Shorts) sont désormais plus consommés (63%) que la télévision (47%) ou encore les services de streaming comme Netflix (46%). Les jeunes privilégient désormais l’interaction rapide et une information qui va droit au but.

L’algorithme, un outil redoutable
Le succès massif de ces nouveaux formats repose sur un moteur invisible mais puissant. Il s’agit de l’algorithme de recommandation. En 2026, un utilisateur passe en moyenne 96 minutes par jour sur TikTok, soit une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente (données Katall). Ce chiffre s’explique facilement, car l’application analyse la moindre interaction que vous avez avec une vidéo pour vous proposer un fil de vidéos sur mesure, qui vous ressemble. C’est en partie pour cela que vous passez plus de temps à scroller !

Les algorithmes devinent vos envies de voyage très rapidement, avant même que vous n’ayez conscience que vous aussi, vous avez envie de partir. Si vous regardez la vidéo d’une étudiante en Espagne jusqu’au bout, votre fil d’actualité va se remplir d’expériences similaires. La plateforme cible précisément ce qui vous intéresse. Ces vidéos UGC s’imposent ainsi comme le meilleur moyen pour les jeunes de découvrir de nouvelles opportunités à l’étranger.
Le Covid : le grand accélérateur
Le confinement lié à la crise sanitaire a tout bousculé. Bloqués chez eux, les jeunes ont accumulé une envie très forte de voyager et d’explorer. Dès la réouverture des frontières, les projets de mobilité ont explosé, tout comme les vidéos UGC pour raconter ces départs.
Pierrette Langlais, Community Manager de l’Agence Erasmus+ France, est aux premières loges pour observer ces vidéos d’étudiants. Elle constate au quotidien cette évolution sur les réseaux. Elle souligne que si les témoignages face caméra existaient déjà depuis longtemps, la tendance est devenue exponentielle à partir de 2020. L’essor de TikTok s’est tout simplement croisé avec cette envie irrésistible de repartir après les confinements.
Les statistiques confirment ce besoin d’ailleurs et de dépaysement. Une étude de l’institut Ipsos parue fin 2025 révèle que 57 % des jeunes diplômés envisagent sérieusement de partir à l’étranger dans les trois ans. Pour ces jeunes, partir loin n’est plus perçu comme de simples vacances : c’est un véritable projet pour lancer leur vie d’adulte. Et aujourd’hui, chaque étape de cette aventure est filmée et partagée en direct sur nos écrans.

La force des vidéos UGC : rassurer et créer de la confiance
L’authenticité plutôt que la perfection
Ces contenus ne diffusent pas n’importe quel message. Aujourd’hui, les jeunes adultes rejettent les contenus trop lisses. Ils veulent de l’authenticité. Et pour préparer un projet aussi important qu’un départ à l’étranger, ils ont besoin de réponses. Alors, ils cherchent des informations là où ils passent le plus clair de leur temps : les réseaux sociaux. Plutôt que de demander conseil à leurs parents, ils se tournent vers des repères alternatifs, autrement dit, de parfaits inconnus sur les réseaux sociaux.
À l’origine, beaucoup de jeunes se filment simplement pour garder une trace de leur aventure. C’est une façon moderne d’enregistrer des souvenirs et de mettre des mots sur des émotions. Ce format simple, filmé avec n’importe quel téléphone depuis une petite chambre d’étudiant, plaît énormément. Selon une étude de l’agence Heaven, plus de 8 jeunes sur 10 font davantage confiance à un créateur qui montre ses doutes et ses faiblesses. Dans le monde du digital, l’imperfection est devenue la meilleure garantie d’authenticité.
La preuve sociale, un vieux concept plus vrai que jamais
Ce besoin de réassurance repose sur un vieux concept marketing très puissant. Il s’agit de la preuve sociale. Vous aussi, vous avez tendance à choisir un restaurant plein à craquer plutôt qu’un établissement totalement vide ? C’est exactement le même phénomène psychologique. Lorsqu’il s’agit de préparer un voyage ou une aventure, voir d’autres étudiants réussir leur mobilité rassure immédiatement les futurs candidats. Les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque, 88 % des internautes font aujourd’hui autant confiance aux recommandations d’autres utilisateurs qu’à celles d’un proche.
« Le témoignage et la proximité, il n’y a rien de plus convaincant »
Pour Pierrette Langlais, l’échange de « pair à pair est incontournable ». Ce format horizontal permet à l’abonné de poser des questions directement à un jeune qui vit la même situation. L’abonné n’a plus aucune gêne pour poser des questions très simples ou pratiques en commentaire.
« Les galères ça fait partie de la vie »
Bien sûr, ces vidéos UGC renvoient souvent une image très idéalisée de l’aventure Erasmus+, cette fameuse « expérience émancipatrice qui fait rêver » dont parle Pierrette Langlais. Et tant mieux ! Mais la vraie force de ces contenus se trouve ailleurs : dans leur façon d’aborder et de surmonter les difficultés rencontrées.
Il arrive régulièrement qu’un étudiant débarque dans sa nouvelle ville d’accueil et se sente profondément seul. Ce sentiment est tout à fait normal. Alors, en postant une vidéo pour partager ses coups de mou, il trouve un soutien immédiat. Les commentaires créent du lien et permettent parfois d’organiser des rencontres avec d’autres jeunes dans la même situation géographique.
Pierrette Langlais confirme que les expériences moins convaincantes ont un effet psychologique crucial. Voir un autre étudiant galérer avec des papiers administratifs ou la barrière de la langue permet de dédramatiser l’inconnu. Comme elle le rappelle très justement, « les galères, ça fait partie de la vie ! » Constater que ces épreuves peuvent être facilement dépassées par d’autres jeunes est l’argument ultime pour convaincre les plus hésitants de sauter le pas.

La stratégie d’Erasmus+ pour capitaliser sur ces contenus spontanés
Intégrer les vidéos UGC dans sa stratégie digitale
Dans le domaine du marketing digital, l’UGC (le contenu généré par les utilisateurs) est devenu un levier incontournable. Son principe repose sur une règle simple. Ces vidéos captent l’attention car elles ne sont pas tournées par des spécialistes de la communication. Ce sont de vrais jeunes qui racontent leur quotidien sans filtre. Relayer ces témoignages sur les réseaux sociaux permet donc aux institutions de créer un lien de confiance avec leur public cible. Par ailleurs, lorsqu’un créateur de contenus voit sa vidéo partagée par un compte officiel, cela le valorise et motive toute la communauté à filmer ses propres aventures.
« Nous sommes en recherche de témoignages vrais et non parfaits ! »
La Community Manager de l’Agence Erasmus+ France, l’a bien compris et a adapté sa stratégie. Elle intègre ces vidéos spontanées, tout en les sélectionnant avec soin. Comme elle l’explique, cette utilisation reste parcimonieuse et ciblée sur des thématiques précises. Si une vidéo colle à l’actualité, elle met son auteur en lumière. Par exemple, si un lycéen agricole poste un vlog depuis une ferme en Finlande pendant le Salon de l’agriculture, elle n’hésite pas à le repartager. Cela apporte une vraie dose d’authenticité.
Le réseau d’ambassadeurs, un levier d’influence maîtrisé
Pour structurer cette prise de parole, l’Agence Erasmus+ France s’appuie sur une force de frappe concrète. Le réseau des Ambassadeurs regroupe 70 personnes issues de parcours variés (enseignement supérieur, voie professionnelle, éducation des adultes etc.). Riches de leur propre expérience à l’étranger, ces bénévoles s’engagent sur une période d’un an pour inspirer, informer et rassurer les futurs candidats lors de rencontres de pair à pair.
La stratégie digitale de l’agence consiste à accompagner ces ambassadeurs sans jamais freiner leur spontanéité. Pierrette Langlais a rapidement constaté que beaucoup d’entre eux prenaient déjà la parole sur leurs réseaux sociaux personnels. Au lieu de leur imposer un discours institutionnel classique, elle leur propose des ateliers de création de contenu et met à leur disposition des briefs de communication pour les guider.
L’objectif est d’adapter les formats à la personnalité de chacun. « Le témoignage n’est pas forcément une vidéo face caméra », souligne la Community Manager. Pour les profils plus réservés, cela peut passer par une voix off sur un montage photo, un texte ou même un dessin. À l’inverse, pour ceux qui sont parfaitement à l’aise face à l’objectif, l’agence propose la série de vidéos Pitch Ton Erasmus+, diffusée sur son compte YouTube et Instagram. Cette approche montre qu’une institution peut profiter des codes de l’UGC tout en laissant le contrôle de la narration à ceux qui vivent l’expérience de l’intérieur.
Prêts à faire vos valises ?
En fin de compte, la communication autour de la mobilité internationale a complètement changé. Fini la communication à sens unique, où l’institution impose son message aux étudiants. Aujourd’hui, cette communication est devenue totalement horizontale. L’information circule de pair à pair, d’étudiant à étudiant, sur les plateformes qu’ils utilisent au quotidien. Le rôle de l’Agence Erasmus+ France n’est plus uniquement de créer l’envie avec de grandes campagnes institutionnelles. Elle doit désormais encourager, faciliter et valoriser ces partages authentiques.
Plus de 16 millions d’Européens ont déjà sauté le pas et vécu cette expérience. Alors, ça vous tente ? Que ce soit pour un semestre d’études, un stage ou même une formation, il existe mille et une façons de partir explorer le monde. Si toutes ces vidéos spontanées ont fini par vous convaincre de faire vos valises, la prochaine étape pour trouver des informations fiables se trouve sans doute sur le site de l’Agence Erasmus+ France.
Et qui sait, la prochaine vidéo de mobilité sera peut-être la vôtre !



